Et si vous changiez votre regard sur son comportement ?

26/02/2020

Un des besoins fondamental de l'être humain est l'attention. Adulte, c'est ce que nous recherchons souvent en premier lors de relations sentimentales ou amicales et lorsque l'autre ne "nous regarde plus" c'est un peu le début de la fin.

Et bien les enfants aussi ont besoin d'attention et dès le plus jeune âge. Hors, ils apprennent très vite, malgré nous, qu'ils obtiennent d'avantages d'attention lorsqu'ils font quelque chose de "négatif". Je m'explique.

Lorsque votre enfant tape, mord, dit des gros mots, casse un jouet, court partout, fait le contraire de ce que vous lui demandez, pose milles questions à l'heure, "pleurniche", se plaint, parle comme un bébé, se fait remarquer en embêtant les autres, "fait le clown", mange n'importe comment, vous réagissez dans la minute à son comportement. A l'inverse, lorsque votre enfant va se coucher sans dire un mot, aide à mettre la table, enlève ses chaussures en arrivant à la maison, mange proprement, range sa chambre, etc., vous ne dites rien. Et ça votre enfant va vite le comprendre et l'enregistrer.

Donc, pour attirer votre attention, vous faire part de son besoin, il va se comporter de manière inappropriée avec vous. Pour inverser la balance il va falloir tout d'abord décoder ce que votre enfant veut vous dire, puis apprendre à le valoriser même pour de petites choses du quotidien. Surtout, ne vous privez pas d'exprimer vos propres émotions devant votre enfant ! Sans le faire culpabiliser bien sûr, mais cela lui permettra d'apprendre à exprimer les siennes, en toute confiance et de manière à se faire comprendre plus rapidement avec un comportement adapté.

Décoder le message

L'enfant peut exprimer un besoin de relation en vous disant derrière ce comportement inapproprié, "regarde-moi", "accepte-moi comme je suis", "montre que ça te fais plaisir de passer du temps avec moi", "écoute-moi", un besoin de compréhension "accepte mes émotions", "demande-moi ce qui s'est passé pour moi à ce moment là, dans la journée", "sois empathique", "comprends-moi" ou un besoin de protection "je me sens en insécurité", "je suis anxieux", "je me sens faible", "je me sens mal". Le punir, lui demander de se calmer, le raisonner ou en lui disant que ce n'est rien, va censurer l'émotion et donc le besoin qui se cache derrière. Pour certains enfants, ceci peut devenir une manière habituelle de s'exprimer et donc inconsciente et involontaire pour lui. N'oublions pas que le cerveau des enfants est immature, et ce jusqu'à ses 25ans environ (voir article "le développement du cerveau de l'enfant face aux émotions").

Les solutions

Valoriser l'enfant lorsqu'il fait ce qu'on lui demande, lorsqu'il respecte les règles, lorsqu'il respecte l'emploi du temps de son lieu de vie. Toutes les petites actions positives de sa part sont une occasion de le valoriser "tu as mis tes chaussures dans le bon sens, je te félicite", "merci de m'avoir aidé à mettre la table" (même s'il n'a mis que deux fourchettes), "Aujourd'hui je t'ai vu jouer calmement avec ton frère, je suis content(e) que vous puissiez jouer ensemble de cette façon", "tu t'es lavé les mains avant de venir à table sans que je te le dise, j'apprécie beaucoup". En plus de cela, il va gagner en confiance en lui et en autonomie plus rapidement. C'est donc doublement gagnant pour vous et pour lui !

Même si pour nous adultes, ces petites remarques sont insignifiantes (peut-être parce que nous-mêmes nous ne les avons pas assez entendues... ?) c'est très important pour l'enfant. Ce sont des marques de reconnaissance et d'approbation dont il a besoin pour nourrir ses besoins affectifs et se construire.

Alors, vous commencez quand ?

Amélie MAINGUY, Consultante en communication positive et bienveillant, le 26 février 2020.

Inspiré par « J'élève mes enfants avec bienveillance (même quand c'est difficile !) » Noël Janis-Norton